En bref

  • Il n'existe pas de « meilleur café De'Longhi » universel : la machine accepte tout grain torréfié ordinaire, et c'est votre goût qui tranche.
  • Ce qu'il faut éviter, la notice le dit : pas de grains caramélisés, pas de café prémoulu ni lyophilisé dans le réservoir à grains. On y ajoute les grains très huileux, qui encrassent le broyeur.
  • Le profil qui pose le moins de problèmes : une torréfaction moyenne, un grain sec au toucher, une date de torréfaction de moins d'un mois.
  • Après chaque changement de paquet, la mouture se règle d'un cran à la fois, moulin en marche, en jugeant sur deux cafés au moins.
  • Les Dedica classiques n'ont pas de broyeur : elles demandent du café déjà moulu, ou un moulin séparé.

Le meilleur café en grain pour une machine De’Longhi est un grain torréfié ordinaire, de torréfaction moyenne, sec au toucher et torréfié depuis moins d’un mois. La machine n’exige aucune marque. Sa notice exclut en revanche les grains caramélisés, et le bon sens y ajoute les grains très foncés et luisants, dont les huiles encrassent le broyeur. Le reste se joue au goût, puis au réglage de la mouture.

Pourquoi aucun classement de marques ne répond à la question

La question revient sans cesse, et elle appelle presque toujours des listes de paquets. Ces listes mélangent deux choses : ce que la machine tolère, qui relève de la mécanique, et ce que vous aimez boire, qui relève du goût. Aucune marque ne coche la seconde case pour tout le monde.

Côté machine, la réponse est courte. Un expresso De’Longhi à broyeur intégré, de la gamme Magnifica ou d’une autre, moud des grains torréfiés, les tasse dans un infuseur et pousse l’eau chaude au travers. Il n’a besoin ni d’un mélange « spécial automatique », ni d’un café vendu sous le nom de la marque. Il a besoin de grains qui passent dans le moulin sans le coller.

Côté goût, les critères existent, mais ils se lisent sur le paquet : espèce, degré de torréfaction, date. Notre guide pour lire l’étiquette d’un paquet de café les détaille un par un. Une fois ces critères compris, on choisit soi-même, et l’on n’a plus besoin du classement de quelqu’un d’autre.

Un point de vocabulaire, enfin, parce que la confusion est fréquente : la Dedica classique de De’Longhi est une machine expresso manuelle à porte-filtre, sans broyeur. Elle ne prend pas de grains. Pour elle, la question devient celle du café moulu, ou d’un moulin séparé.

Ce que la notice De’Longhi interdit, mot pour mot

Le mode d’emploi d’un expresso automatique De’Longhi est très clair sur le réservoir à grains. Au moment de le remplir, il précise d’éviter « d’introduire du café prémoulu ou lyophilisé, des grains caramélisés et tout objet pouvant détériorer la machine ».

Ces trois exclusions ont la même logique. Le café prémoulu et le café lyophilisé ne passent pas correctement dans un moulin conçu pour des grains entiers ; la machine dispose d’ailleurs d’un entonnoir séparé pour le moulu. Les grains caramélisés, eux, sont enrobés de sucre : en chauffant sous la friction des meules, ce sucre colle et bloque le broyeur.

Type de grainAccepté ?Pourquoi
Grain torréfié nature, arabica ou mélangeOuiUsage prévu par le fabricant
Grain de torréfaction moyenne, surface sècheOui, idéalMouture régulière, peu de dépôts
Grain très foncé, luisant d’huilePossible, à éviterLes huiles collent aux meules et rancissent
Grain aromatisé (vanille, noisette…)À éviterSouvent enrobé, même problème que le caramélisé
Grain caraméliséNonExclu par la notice
Café prémoulu ou lyophilisé dans le réservoir à grainsNonExclu par la notice ; le moulu passe par l’entonnoir

La ligne des grains huileux ne figure pas dans la notice consultée. Elle découle du fonctionnement du moulin, et c’est le point qui mérite le plus d’attention au moment d’acheter.

Le grain huileux, vrai ennemi du broyeur intégré

En fin de torréfaction, quand on pousse le grain vers les degrés foncés, ses huiles migrent vers la surface et le rendent luisant. C’est un phénomène normal, que nous décrivons dans le guide sur ce que change le degré de torréfaction. Sur un moulin séparé, on le gère par un nettoyage régulier des meules. Sur une machine automatique, c’est plus délicat.

Le broyeur d’une machine à grains est enfermé dans le corps de l’appareil. On n’y accède pas comme on démonte un moulin de comptoir. Or les huiles déposées sur les meules et dans le conduit retiennent une partie de la mouture, qui s’accumule, durcit et finit par rancir. Le café prend un goût de vieux beurre, et le passage de la mouture devient irrégulier.

Le test est simple, et il se fait en magasin comme à la maison : prenez une poignée de grains. S’ils laissent les doigts secs, tout va bien. S’ils laissent un film gras et brillant, réservez-les à une cafetière à piston ou à un moulin que vous pouvez nettoyer.

Les huiles de surface ont un autre défaut : elles sont au contact direct de l’air. Elles s’oxydent donc plus vite que celles qui restent à l’intérieur du grain, pour la même raison qui fait vieillir un paquet ouvert : le contact de l’oxygène. Un grain foncé luisant vieillit plus vite qu’un grain moyen sec, à date de torréfaction égale.

Le profil qui fonctionne le mieux

À partir de ces contraintes, on peut décrire le grain qui pose le moins de problèmes dans un broyeur De’Longhi, sans citer de marque.

  • Torréfaction moyenne à légèrement soutenue. Elle donne du corps à l’espresso, reste sèche en surface et se moud régulièrement. Une torréfaction très claire fonctionne aussi, mais elle demande souvent une mouture plus fine, et la plage de réglage d’un automatique est courte.
  • Une date de torréfaction lisible, idéalement de moins d’un mois au moment d’ouvrir le paquet. Un paquet qui n’affiche qu’une date limite d’utilisation ne dit rien de sa fraîcheur réelle.

L’espèce relève du goût, pas de la machine. Un 100 % arabica donne une tasse plus aromatique et plus acidulée ; un mélange avec du robusta apporte de l’amertume, du corps et une crème plus épaisse. Les écarts sont détaillés dans notre comparatif arabica ou robusta. Beaucoup de buveurs d’espresso au lait préfèrent un mélange ; beaucoup de buveurs d’espresso pur, un arabica.

La quantité compte aussi. Un réservoir à grains n’est pas hermétique, et la chaleur de la machine voisine. Mieux vaut n’y verser que la consommation de quelques jours, et garder le reste du paquet fermé, à l’abri de l’air et de la lumière.

Après chaque nouveau paquet : régler la mouture

Changer de café, c’est changer de densité et de solubilité. Le réglage qui convenait au paquet précédent ne convient plus forcément. La notice De’Longhi donne la méthode, et elle tient en quatre règles.

  1. Ne réglez qu’en cas de besoin. Le moulin est préréglé en usine ; on n’y touche que si le café coule trop vite ou goutte à goutte.
  2. Un cran à la fois. Vers une mouture plus grosse si le café coule trop lentement, vers une mouture plus fine s’il coule trop vite et sans crème.
  3. Moulin en marche. La notice précise que le bouton de réglage doit être tourné seulement pendant que le moulin fonctionne.
  4. Jugez sur deux cafés au moins. Le premier café contient encore de la mouture issue de l’ancien réglage.

La notice mentionne aussi qu’à la première utilisation, il faut quatre ou cinq cafés avant d’obtenir un résultat satisfaisant. Le même délai s’observe souvent après un changement de café. La méthode générale, avec une cible de temps et de volume, est développée dans notre guide pour régler sa mouture d’espresso.

Quand le café ne va pas, la cause n’est pas toujours le grain

Avant d’accuser un paquet, il faut éliminer les causes mécaniques. Le tableau de dépannage de la notice en liste plusieurs, et elles se corrigent sans changer de café.

SymptômeCause probableCorrection
Café qui coule goutte à goutteMouture trop fineUn cran vers le gros, moulin en marche
Café qui coule trop vite, sans crèmeMouture trop grosse, ou trop peu de caféUn cran vers le fin, ou bouton de dose vers « fort »
Peu de crème malgré le réglageCafé trop vieux, ou grain qui ne convient pasPaquet plus frais, ou autre marque
Goût rance ou plat persistantInfuseur et conduits encrassésNettoyage de l’infuseur selon la notice

La troisième ligne est intéressante : la notice elle-même admet qu’un café en grains peut simplement ne pas convenir, et conseille alors d’en essayer un autre. C’est la meilleure preuve qu’il n’existe pas de café universel pour la marque.

La qualité de l’eau joue aussi, sur le goût comme sur la durée de vie de l’appareil. Une machine entartrée chauffe mal et extrait mal, quel que soit le grain. Le détartrage régulier fait donc partie du choix du café, au même titre que le grain.

En résumé, comment choisir son paquet

Dans le rayon, trois gestes suffisent. Retournez le paquet pour trouver la date de torréfaction, et préférez celui qui en affiche une. Vérifiez le degré de torréfaction, en visant moyen. Si le paquet a une fenêtre, regardez les grains : mats ou à peine satinés, pas luisants.

Ensuite, c’est votre palais qui tranche. Achetez de petits formats pour comparer, ne changez qu’un paramètre à la fois, et réglez la mouture à chaque nouveau paquet. Au bout de trois ou quatre essais, vous aurez trouvé votre meilleur café en grain pour votre De’Longhi, ce qu’aucune liste ne pouvait faire à votre place.

Questions fréquentes

Quel est le meilleur café en grain pour une machine De'Longhi ?

Celui qui vous plaît, dans une torréfaction moyenne, avec un grain sec au toucher et une date de torréfaction récente. La machine ne réclame aucune marque particulière. Elle exclut seulement les grains caramélisés, et elle supporte mal les grains très foncés et huileux, qui encrassent le broyeur.

Peut-on mettre n'importe quel café en grain dans une De'Longhi ?

Presque. La notice demande d'éviter les grains caramélisés, ainsi que le café prémoulu ou lyophilisé dans le réservoir à grains. Les grains aromatisés, souvent enrobés, posent le même problème que les grains caramélisés. Tout grain torréfié ordinaire, arabica ou mélange avec du robusta, convient.

Faut-il un café spécial pour une machine automatique ?

Non. Les paquets « spécial machine automatique » sont des mélanges comme les autres, souvent de torréfaction moyenne à soutenue. Ce qui compte, c'est l'aspect du grain et sa fraîcheur, pas la mention commerciale. Un café de spécialité bien frais fonctionne très bien dans un broyeur intégré.

Pourquoi mon café De'Longhi n'a-t-il pas de crème ?

Le plus souvent, la mouture est trop grosse ou le café est trop vieux. La notice conseille de resserrer la mouture d'un cran, moulin en marche, puis de juger sur deux cafés. Elle mentionne aussi qu'un café en grains donné peut simplement ne pas convenir et qu'il faut alors changer de marque.

Les grains huileux abîment-ils le broyeur ?

Ils ne le cassent pas d'un coup, mais leurs huiles collent aux meules et aux conduits, retiennent la mouture et rancissent. Sur une machine automatique, où l'on n'accède pas facilement au moulin, c'est un encrassement difficile à rattraper. Mieux vaut choisir des grains secs au toucher.

Sources et méthode

  • Mode d'emploi De'Longhi d'un expresso automatique à broyeur, document FR 5732138900, diffusé sur le service de téléchargement de De'Longhi : remplissage du réservoir à grains, réglage du moulin, tableau des problèmes
  • Guides de ce site sur le degré de torréfaction, la conservation du café et le réglage de la mouture, pour les mécanismes généraux (huiles de surface, dégazage, extraction)
  • Aucune marque n'a été testée pour cet article : les critères proposés se vérifient sur le paquet et dans la tasse, sans classement de produits